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	<title>NPAA Haute-Garonne</title>
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		<title>Le NPA, sept ans apr&#232;s : projet, r&#233;alit&#233;s, interrogations</title>
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		<dc:subject>npa-idees</dc:subject>

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&lt;p&gt;dimanche 31 janvier 2016, par ROUSSET Pierre &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette contribution a &#233;t&#233; &#233;crite pour la revue de DEA en Gr&#232;ce. Bien que d&#233;j&#224; longue, elle n'a pas la pr&#233;tention de traiter tous les aspects de la question. De plus, c'est le genre d'article qui n'est jamais fini, qui devrait &#234;tre encore et toujours retravaill&#233;. Il vise avant tout &#224; stimuler une r&#233;flexion collective sur les enseignements des succ&#232;s et des &#233;checs de la fondation du NPA. &lt;br class='autobr' /&gt; Sommaire &lt;br class='autobr' /&gt; I. &#171; Faire du neuf &#187;, une n&#233;cessit&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://31.npa-lanticapitaliste.org/actualite/Idees-Debats/" rel="directory"&gt;Id&#233;es-D&#233;bats&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://31.npa-lanticapitaliste.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton2144-9d4dd.jpg?1771286772' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;dimanche 31 janvier 2016, par ROUSSET Pierre&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette contribution a &#233;t&#233; &#233;crite pour la revue de DEA en Gr&#232;ce. Bien que d&#233;j&#224; longue, elle n'a pas la pr&#233;tention de traiter tous les aspects de la question. De plus, c'est le genre d'article qui n'est jamais fini, qui devrait &#234;tre encore et toujours retravaill&#233;. Il vise avant tout &#224; stimuler une r&#233;flexion collective sur les enseignements des succ&#232;s et des &#233;checs de la fondation du NPA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Sommaire &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; I. &#171; Faire du neuf &#187;, une n&#233;cessit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt; II. Succ&#232;s, stagnation, r&#233;gression&lt;br class='autobr' /&gt; III. Engagement et fonctionnement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne les gauches radicales europ&#233;ennes, le d&#233;bat porte essentiellement sur les grandes exp&#233;riences qui ont marqu&#233; l'actualit&#233; politique et &#233;lectorale contemporaine ; &#224; commencer par la Gr&#232;ce (Syriza), l'Etat espagnol (Podemos), le Portugal (Bloc de gauche) &#8211; ou encore Die Linke en Allemagne, Refondation en Italie et l'Alliance rouge-verte au Danemark (RGA), etc. C'est &#233;videmment justifi&#233;. Cependant, d'autres tentatives pour &#171; faire du neuf &#187; m&#233;ritent d'&#234;tre analys&#233;es, m&#234;me si elles ont connu des succ&#232;s bien moindres ou plus temporaires. Elles donnent mati&#232;re &#224; penser en rapport &#224; des situations nationales plus vari&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'important est que la tentative de &#171; faire du neuf &#187; soit ou ait &#233;t&#233; r&#233;elle plut&#244;t que cosm&#233;tique. C'est le cas du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) fran&#231;ais, en 2009. Certes, l'initiative n'a &#233;t&#233; lanc&#233;e que par la seule Ligue communiste r&#233;volutionnaire (LCR), mais cette derni&#232;re s'est autodissoute &#224; l'occasion d'un congr&#232;s sp&#233;cial. Nous savions &#8211; au moins certains d'entre nous &#8211;, que nous franchissions un Rubicon : quoi qu'il arrive, il n'y aurait pas de retour possible &#224; la situation ant&#233;rieure. La suite des &#233;v&#233;nements a montr&#233; qu'il en &#233;tait bien ainsi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La LCR elle-m&#234;me avait &#233;t&#233; un cadre de regroupement &#8211; il y avait eu des fusions et pas seulement des scissions ! Mais elle est rest&#233;e une organisation &#171; dat&#233;e &#187;, identifi&#233;e &#224; la radicalisation des ann&#233;es 1960-1970.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, dans le pass&#233; r&#233;cent, toutes les tentatives pour construire par le biais d'un bloc unitaire une repr&#233;sentation politique &#171; contemporaine &#187; des combats populaires ont avort&#233; (&#224; la diff&#233;rence du Portugal ou de la Gr&#232;ce). Pas de parti ouvrier fond&#233; en totalit&#233; ou largement par un mouvement syndical de lutte de classe comme en Cor&#233;e du Sud ou au Br&#233;sil (PT des origines). Pas de scission &#224; gauche des PC ou de la social-d&#233;mocratie qui bouleverse durablement les dynamiques de radicalit&#233;. Pas de vaste mouvement social &#171; sortant des clous &#187; et initiant une nouvelle dialectique de type &#171; Indign&#233;s-Podemos &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s tant d'impasses, la LCR a d&#233;cid&#233; de tenter une voie in&#233;dite : une reconstruction de bas en haut en lan&#231;ant un appel tant aux individus qu'aux &#233;quipes militantes et organisations qui le souhaiteraient pour fonder un nouveau parti anticapitaliste. Cet appel recevant un &#233;cho tr&#232;s favorable, Jean-Luc M&#233;lenchon [1] a compris qu'il &#233;tait temps de quitter le PS , son courant cr&#233;ant d'embl&#233;e le Parti de Gauche. Les deux &#171; fa&#231;ons de faire &#187; ont &#233;t&#233; tr&#232;s diff&#233;rentes, le NPA devant na&#238;tre d'un processus constituant impliquant l'ensemble des collectifs locaux. L'int&#233;r&#234;t est que depuis 2008-2009, nous pouvons comparer deux exp&#233;riences, l'une plus novatrice (le NPA), l'autre plus classique (le Front de Gauche constitu&#233; par le PCF, le PG et diverses formations regroup&#233;es aujourd'hui dans Ensemble !).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'avais &#233;crit en novembre 2008, &#224; l'invitation de la revue sud-africaine Amandla !, un article sur les raisons qui nous avaient amen&#233;s &#224; constituer une nouvelle organisation sous des formes assez inhabituelles [2]. Sept ans se sont &#233;coul&#233;s depuis : l'occasion d'un regard r&#233;trospectif. Je donne beaucoup d'importance, dans l'analyse qui suit, &#224; la question des rapports entre g&#233;n&#233;rations politiques. Il me semble donc utile de pr&#233;ciser de quel &#171; point de vue &#187; je porte ce regard. En 1965-1966, &#233;tudiant, j'ai adh&#233;r&#233; &#224; la Quatri&#232;me Internationale et particip&#233; &#224; la fondation de la Jeunesse communiste r&#233;volutionnaire (ult&#233;rieurement de la LCR). A partir de 1973, pendant une vingtaine d'ann&#233;es, j'ai milit&#233; au niveau international. Revenu en France en 1993, j'ai eu des responsabilit&#233;s diverses, mais je n'ai pas r&#233;int&#233;gr&#233; les organes de directions nationaux. J'ai donc un regard &#224; la fois interne (un demi-si&#232;cle de continuit&#233;) et externe (deux d&#233;cennies durant lesquelles je n'ai pas directement v&#233;cu les transformations mol&#233;culaires, puis assez radicales, de mon organisation).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai &#233;t&#233; tr&#232;s favorable au projet NPA et je continue &#224; penser que nous devions effectivement tenter cette aventure in&#233;dite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;bats dans et sur le NPA se focalisent souvent sur le choix des tactiques (pour l'essentiel &#233;lectorales). J'en donnerai un exemple, mais ces questions sont toujours complexes, par d&#233;finition fort concr&#232;tes et difficiles &#224; appr&#233;hender pour qui ne conna&#238;t pas bien le contexte national. Par ailleurs, l&#224; n'est pas l'essentiel. Des tactiques et des orientations tr&#232;s vari&#233;es ont &#233;t&#233; mises en &#339;uvre &#224; la gauche du PS par le Front de Gauche, le PCF, le Parti de Gauche, Ensemble ! ou le NPA (sans parler d'organisations plus petites). Or, toutes ces composantes doivent faire face aujourd'hui &#224; la crise de leurs projets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;I. &#171; Faire du neuf &#187;, une n&#233;cessit&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, &#224; la LCR, nous avons v&#233;ritablement voulu &#171; faire du neuf &#187;, c'est que nous avions conscience de la radicalit&#233; du changement d'&#233;poque et de ses implications sur les processus de construction de partis. N&#233;anmoins, nous n'avions probablement pas mesur&#233; &#224; quel point cela &#233;tait vrai &#8211; et &#224; quel point, si les facteurs sous-jacents &#233;taient de port&#233;e universelle, ils prenaient parfois des formes particuli&#232;rement aigu&#235;s en France (ou en Europe).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dur&#233;e de &#171; l'interlude &#187;.&lt;/strong&gt; Dans le cadre de la Quatri&#232;me Internationale, dont la LCR &#233;tait la section fran&#231;aise, ainsi qu'en lien avec d'autres courants, ma g&#233;n&#233;ration avait engag&#233; un important travail de r&#233;flexion sur les le&#231;ons strat&#233;giques de notre exp&#233;rience militante, deux d&#233;cennies apr&#232;s notre entr&#233;e en activit&#233; [3]. Tout en sachant que la LCR n'&#233;tait pas l'embryon ou le noyau du futur parti r&#233;volutionnaire, nous esp&#233;rions pouvoir maintenir vivants les enseignements des ann&#233;es 1960-1980 jusqu'&#224; la prochaine crise qui leur redonnerait une certaine actualit&#233; &#8211; pour analyser le pr&#233;sent sans perdre la m&#233;moire du pass&#233;. La nouvelle crise est bien arriv&#233;e, mais l'interlude avait &#233;t&#233; trop long. Pour ma part, je ne m'en suis rendu compte qu'apr&#232;s la mort de Daniel Bensa&#239;d (2010), dont la stature et l'autorit&#233; &#233;taient grandes. Il apparut qu'il &#233;tait l'arbre qui par son envergure cachait l'absence de for&#234;t. La continuit&#233; &#233;volutive d'une pens&#233;e marxiste et d'un engagement radical &#233;tait rompue en France, peut-&#234;tre plus encore que dans quelques autres pays europ&#233;ens. Un an seulement apr&#232;s sa fondation, la disparition de Daniel fut une grosse perte pour le NPA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rupture de r&#233;f&#233;rences.&lt;/strong&gt; Nous avions coutume de dire, entre nous, que nous &#233;tions la &#171; derni&#232;re g&#233;n&#233;ration d'Octobre &#187; (1917 et 1949) qui, tout naturellement, s'&#233;tait inscrite dans le cycle de luttes ouvert par les r&#233;volutions russe et chinoise. Apr&#232;s la d&#233;composition de l'URSS, la faillite du stalinisme, l'embourgeoisement croissant de la social-d&#233;mocratie, le rapport des jeunes g&#233;n&#233;rations militantes &#224; l'histoire n'&#233;tait plus le m&#234;me. Dans sa grande majorit&#233;, elles faisaient du pass&#233; table rase. Dans une certaine mesure, l'exp&#233;rience pr&#233;cieuse des forums sociaux mondiaux et des r&#233;sistances &#224; la mondialisation capitaliste a constitu&#233; une nouvelle &#171; exp&#233;rience historique fondatrice &#187;, v&#233;cue en commun &#224; l'&#233;chelle internationale. Elle nous a permis de sortir de l'isolement (terrible au d&#233;but des ann&#233;es 90), de redonner ses lettres de noblesse &#224; l'internationalisme, de d&#233;velopper de nombreux r&#233;seaux, mais elle s'est &#233;puis&#233;e avant de nous permettre de nous attaquer collectivement aux grandes questions strat&#233;giques de l'heure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'ordre n&#233;olib&#233;ral.&lt;/strong&gt; Nous n'avons pas fini de payer le prix de la d&#233;faite subie par notre g&#233;n&#233;ration militante. La mondialisation capitaliste et l'ordre n&#233;olib&#233;ral ont d&#233;sarticul&#233; les espaces citoyens, fragment&#233; les consciences (l'individualisme contre le collectif), d&#233;chir&#233; le tissu social, d&#233;sarm&#233; les politiques publiques, oppos&#233; les &#171; identit&#233;s &#187; les unes aux autres. Le jeu institutionnel a chang&#233;. Hier, quand le mouvement ouvrier mettait trois millions de personnes dans la rue, le gouvernement fran&#231;ais satisfaisait certaines revendications. Ce n'est plus le cas et les bureaucraties syndicales n'ont pas su r&#233;pondre &#224; cette nouvelle intransigeance &#8211; comme elles n'ont pas su et voulu mettre les moyens n&#233;cessaires &#224; l'organisation des pr&#233;caires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nouveaux mouvements sociaux sont n&#233;s d&#232;s le milieu des ann&#233;es 90 : associations de ch&#244;meurs, de sans-papiers, droit au logement, d&#233;fense des &#171; sans droits et sans voix &#187;, dynamique des luttes de femmes (1995 [4])... La gauche politique, radicale, devait int&#233;grer &#224; son logiciel les implications de ces bouleversements id&#233;ologiques, sociaux, institutionnels&#8230; La t&#226;che n'&#233;tait pas &#233;vidente ! Elle exigeait notamment de d&#233;ployer une nouvelle pratique sociale, ce qui est beaucoup plus difficile qu'une simple modification d'orientation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Formation sociale. &lt;/strong&gt; En Europe, le changement n&#233;cessaire de pratique sociale s'annon&#231;ait particuli&#232;rement complexe. Les mouvements populaires d'un pays &#171; type &#187; du tiers monde sont confront&#233;s aux m&#234;mes bouleversements de paradigme que les n&#244;tres, avec parfois des ruptures de g&#233;n&#233;rations encore plus tranch&#233;es qu'ici (notamment entre une g&#233;n&#233;ration de la lutte arm&#233;e et la suivante). Mais, en revanche, il y a plus de continuit&#233; dans le travail d'organisation sociale : leurs &#171; quartiers populaires &#187; (bidonvilles, secteur informel, pauvres urbains), par exemple, existaient et existent toujours : ils y sont d&#233;j&#224; implant&#233;s. Pour nombre de pays europ&#233;ens, dont la France, la discontinuit&#233; est en ce domaine frappante. Aucune organisation n'avait le savoir-faire, les traditions, pour organiser les ch&#244;meurs de longue dur&#233;e, les pr&#233;caires, les quartiers, les nouveaux pauvres urbains. Il fallait apprendre et pour cela le vouloir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Construire un parti ?&lt;/strong&gt; En France comme en d'autres pays, il y a un fort rejet des partis, en particulier dans la jeunesse radicalis&#233;e. Nous appelions &#224; la construction d'un nouveau parti et, dans ce contexte, cela semblait un crit&#232;re de s&#233;lection important. Force fut cependant de reconna&#238;tre que la notion m&#234;me de parti &#233;tait devenue pour beaucoup si vague qu'elle ne constituait pas un ciment efficace. A sa fondation, les portes du NPA &#233;taient grandes ouvertes. Qui voulait venait, et je pense que nous ne pouvions pas faire autrement. Nous avons b&#233;n&#233;fici&#233; d'une dynamique porteuse, d'un moment &#171; optimiste &#187;, apr&#232;s l'&#233;cho extraordinaire des campagnes pr&#233;sidentielles du candidat de la LCR, Oliver Besancenot. Certains croyaient que nous pourrions occuper tout l'espace politique &#224; la gauche du PS (c'&#233;tait parfaitement illusoire) et que les succ&#232;s &#233;lectoraux se poursuivraient ; mais quand le congr&#232;s de fondation du NPA s'est tenu, la conjoncture s'inversait d&#233;j&#224;. Il allait falloir construire un parti &#224; contre-courant, avec &#224; la &#171; gauche de la gauche &#187; un concurrent inattendu (le Parti de gauche de Jean-Luc M&#233;lenchon) et beaucoup d'ennemis pr&#234;ts &#224; tout pour que nous &#233;chouions. Or, la question des questions n'a jamais &#233;t&#233; s&#233;rieusement et collectivement discut&#233;e : comment passer du &#171; parti possible &#187; (compte notamment tenu des consciences) au &#171; parti n&#233;cessaire &#187; compte tenu de lendemains qui s'annon&#231;aient orageux et qui le furent encore bien plus que les plus clairvoyants d'entre nous ne le craignaient alors.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sp&#233;cificit&#233; fran&#231;aise ?&lt;/strong&gt; Fin des blocs, mondialisation capitaliste, restriction croissante des espaces d&#233;mocratiques, bouleversements g&#233;opolitiques, naissance de nouveaux imp&#233;rialismes comme de nouvelles extr&#234;mes droites, crise des &#171; identit&#233;s &#187; et de la citoyennet&#233;&#8230; Le changement de p&#233;riode appara&#238;t r&#233;trospectivement plus radical encore que nous l'avions initialement per&#231;u &#8211; et l'&#233;mergence &#224; gauche du neuf plus complexe. Avec, pour nous, en toile de fond, une question majeure. Nous avons connu en France de tr&#232;s importantes vagues de luttes sociales de 1995 &#224; 2010 pour le moins. Elles ont &#233;t&#233; pour la plupart battues. Elles se sont refl&#233;t&#233;es (&#224; retardement) sur le plan &#233;lectoral : revers de la droite, succ&#232;s &#233;lectoraux d'Olivier Besancenot, puis de Jean-Luc M&#233;lenchon (avec pour pr&#233;c&#233;dent celui d'Arlette Laguiller), mais sans rien qui corresponde &#224; un mouvement des Indign&#233;s dans sa nature et son impact.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a peu de pays europ&#233;ens o&#249; des luttes d'une telle ampleur ont eu lieu, avec si peu d'impact &#171; novateur &#187;, durable. Il y a &#224; cela des &#233;l&#233;ments d'explication, comme le syst&#232;me de protection sociale qui, bien soumis &#224; des attaques continuelles, a rendu plus progressive la mont&#233;e de la pr&#233;carit&#233;. Encore aujourd'hui en France, le taux de ch&#244;mage se r&#233;duit en fonction du niveau d'&#233;tude : pas de ph&#233;nom&#232;ne massif des &#171; dipl&#244;m&#233;s ch&#244;meurs &#187; comme en Espagne (ou au Maroc !). Bien entendu, les choses changent ; la grande offensive contre le Code du travail ou le statut des fonctionnaires est lanc&#233;e &#8211; apr&#232;s une succession de d&#233;faites subies par le mouvement social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un jour, cela &#171; p&#232;tera &#187;.&lt;/strong&gt; Pour Olivier Besancenot, &#171; ce qui manque actuellement en France, au-del&#224; de la question de la forme que &#231;a doit prendre (gr&#232;ves, manifestations, occupations&#8230;), c'est l'irruption de la question sociale sur le devant de la sc&#232;ne. Il y a [&#8230;] des manifestations, des mobilisations, et elles peuvent m&#234;me &#234;tre r&#233;ussies. Mais elles sont tellement cadr&#233;es et un peu trop classiques&#8230; [&#8230;] Cette irruption manque aujourd'hui cruellement [&#8230;] et elle viendra d'une mani&#232;re ou d'une autre. L'enjeu c'est de se pr&#233;parer &#224; cela, de se rendre disponible &#224; ce futur d&#233;nouement. La lutte qui incarnera cette irruption ne se d&#233;cr&#232;te pas. Mais les &#233;l&#233;ments d'irruption existent donc le probl&#232;me est l&#224; : pour l'instant, m&#234;me dans les formes de contestation, on est dans tout ce qu'il y a de plus classique, de plus r&#233;p&#233;titif. Et plus c'est comprim&#233;, plus c'est r&#233;prim&#233;, plus c'est contenu, et plus quand &#231;a p&#232;tera, &#231;a p&#232;tera dans tous les sens. [5] &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;G&#233;n&#233;rations.&lt;/strong&gt; L'accumulation de forces, d'implantation, d'exp&#233;riences assimil&#233;es, de liens sociaux demande du temps &#8211; donc de la continuit&#233; entre g&#233;n&#233;rations militantes. Cette continuit&#233; &#224; &#233;t&#233; bris&#233;e pour les raisons indiqu&#233;es ci-dessus, mais aussi pour des raisons politiques plus anciennes, propres &#224; la France. Les Britanniques ont eu Margaret Thatcher, nous avons eu Fran&#231;ois Mitterrand &#8211; tant mieux pour nous direz vous. Pas si s&#251;r. Apr&#232;s s'&#234;tre fait &#233;lire sur un &#171; programme commun &#187; PS-PC qui appara&#238;trait aujourd'hui d'un gauchisme irresponsable (et contraire &#224; tous les trait&#233;s de l'Union europ&#233;enne), le r&#233;gime a pris le tournant de la &#171; rigueur &#187; en 1983. L'ordre n&#233;olib&#233;ral a donc commenc&#233; &#224; &#234;tre introduit par un gouvernement de gauche, socialiste &#224; participation communiste, encore aur&#233;ol&#233; de sa victoire contre une droite au pouvoir depuis 25 ans. Tr&#232;s efficace pour d&#233;sarmer les r&#233;sistances. Les ann&#233;es 80 repr&#233;sentent un &#171; creux &#187; pour le recrutement de nouveaux cadres &#224; l'extr&#234;me gauche. Ce creux n'est pas seulement quantitatif. Compar&#233; au pass&#233;, c'est une p&#233;riode d'engagement partiel, mesur&#233;. Les syndicats &#233;tudiants ne &#171; produisent &#187; plus de radicalit&#233; politique. Jusque dans nos propres rangs, le rejet du &#171; mod&#232;le &#187; soixante-huitard (les ann&#233;es 68) a &#233;t&#233; profond. Cependant, le &#171; mod&#232;le &#187; de remplacement va se r&#233;v&#233;ler compl&#232;tement inad&#233;quat face &#224; la profondeur de la crise contemporaine de soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La LCR, puis le NPA, sont les organisations o&#249; le renouvellement des g&#233;n&#233;rations &#224; la direction a &#233;t&#233; le plus effectif &#8211; le &#171; jeune facteur &#187; Olivier Besancenot en &#233;tant le symbole &#233;vident. C'&#233;tait une qualit&#233;. N&#233;anmoins, cette fracture g&#233;n&#233;rationnelle a pes&#233; dans la crise qui a secou&#233; le NPA un an apr&#232;s sa fondation. La solution n'&#233;tait &#233;videmment pas que les &#171; vieux &#187; gardent le contr&#244;le des rouages dirigeants. Dans un article r&#233;trospectif, Roger Martelli (ancien cadre &#171; refondateur &#187; du PCF, aujourd'hui &#224; Ensemble !), analysant l'exp&#233;rience du Front de Gauche, en conclu en effet que la perp&#233;tuation du &#171; vieux &#187; leur a &#233;t&#233; fatale : &#171; Continuer, c'est renoncer &#8211; Le nouveau n'adviendra que des g&#233;n&#233;rations nouvelles &#187; [6]. La comparaison des exp&#233;riences du NPA et du FdG en ce domaine ne manque pas d'int&#233;r&#234;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Recomposition ?&lt;/strong&gt; Pour conclure cette premi&#232;re partie, portons un regard r&#233;trospectif sur la perception des &#171; possibles &#187; qui &#233;tait la n&#244;tre quand nous avons appel&#233; &#224; la constitution du NPA. Dans la foul&#233;e de deux succ&#232;s remarquables des campagnes pr&#233;sidentielles d'Olivier Besancenot, nous savions qu'il nous fallait bouger, &#224; la diff&#233;rence de Lutte ouvri&#232;re apr&#232;s les succ&#232;s d'Arlette Laguiller. Elargir &#233;tait de notre responsabilit&#233;. Elargir signifiait prendre r&#233;ellement en compte le changement d'&#233;poque. Nous disions &#171; Nouvelle p&#233;riode, nouveau programme, nouveau parti &#187; &#8211; sans vouloir pour autant enterrer les le&#231;ons essentielles des d&#233;cennies pass&#233;es. Mais nous pensions &#171; nouvelle p&#233;riode &#187;, plut&#244;t que &#171; fin d'une &#233;poque &#187;. Nous tirions un trait optimiste entre les grandes gr&#232;ves de 1995, le souffle altermondialiste, l'entr&#233;e en lice militante de nouvelles g&#233;n&#233;rations capables de faire front face &#224; la r&#233;pression (contre-G8 de G&#234;nes en 2001), la victoire du Non au premier projet de &#171; Constitution &#187; europ&#233;enne (2005).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous vivions une vague montante des r&#233;sistances, avec des aspects effectivement remarquables, alors qu'en r&#233;alit&#233; les rapports de force entre classes se d&#233;gradaient profond&#233;ment. De plus, les succ&#232;s &#233;lectoraux nous faisaient entrer en France dans la &#171; grande politique &#187; ; cependant, vu la r&#233;alit&#233; de notre organisation et de son implantation sociale, comme on dit ici, nous &#171; p&#233;tions plus haut que notre cul &#187;. Il fallait en profiter, mais cela ne pouvait durer. A nos yeux, la crise financi&#232;re de 2007-2008 devait donner un coup de fouet &#224; l'anticapitalisme ; ce fut en fait un premier &#171; rendez-vous manqu&#233; &#187; : l'appel &#224; en finir avec la dictature de la finance par la transformation du syst&#232;me bancaire en service public est rest&#233; confidentiel. Cela aurait d&#251; nous alerter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons ainsi surestim&#233; la dynamique &#171; porteuse &#187; de recomposition &#224; la gauche de la gauche &#8211; et nous n'avons pas mesur&#233; la contradiction &#224; laquelle nous allions &#234;tre confront&#233;s : recomposer en p&#233;riode de recul. L'optimisme conduit facilement au triomphalisme, &#224; ne pas accorder l'attention qu'il faudrait aux questions d'unit&#233;, de substance politique, d'organisation, de direction&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; II. Succ&#232;s, stagnation, r&#233;gression&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le processus initial de fondation a &#233;t&#233; un v&#233;ritable succ&#232;s, confirmant que le projet r&#233;pondait &#224; une attente, un espoir. Le NPA a atteint quelque 9.000 membres cotisants (ce qui ne signifie pas n&#233;cessairement militants). Les travaux du congr&#232;s fondateur ont &#233;t&#233; remarquablement s&#233;rieux. Des principes politiques de r&#233;f&#233;rences et des statuts provisoires ont &#233;t&#233; adopt&#233;s. A tous niveaux, les organes de direction ne devaient pas comprendre plus de 50% d'anciens membres de la LCR.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'extension num&#233;rique, g&#233;ographique et sociale par rapport &#224; la LCR &#233;tait significative. Des &#233;quipes politico-syndicales et des &#171; personnalit&#233;s &#187; avec lesquelles nous avions des liens traditionnels n'ont pas voulu participer &#224; l'aventure, mais d'autres, que nous connaissions souvent moins, se sont engag&#233;es. Le r&#233;sultat &#233;tait une grande h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233;. Chaque collectif &#233;tait marqu&#233; par le contexte militant local et l'histoire particuli&#232;re de sa formation. Les groupes et individus (en particulier les &#171; personnalit&#233;s &#187;) venaient avec leurs particularismes, leurs attentes, voire leurs ambitions &#8211; ils attendaient souvent du NPA qu'il donne une dimension nationale &#224; leur champ et m&#233;thode propre d'intervention. Certains misaient sur le maintien d'un tr&#232;s haut niveau de succ&#232;s &#233;lectoral, les meilleurs scores d'Olivier Besancenot et de la LCR &#233;tant consid&#233;r&#233;s (de fa&#231;on assez illusoire) comme un niveau de r&#233;f&#233;rence minimum &#224; d&#233;passer. Nombreux &#233;taient celles et ceux qui n'avaient aucune exp&#233;rience partidaire pr&#233;alable. La dissolution de la LCR, par ailleurs, allait &#171; ind&#233;pendantiser &#187; ses fractions et courants internes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; de d&#233;part &#233;tait in&#233;vitable, vu la nature du processus constituant du NPA. J'utilise, sans connotation n&#233;gative, l'image d'un sac de pommes de terre (les groupes) et de lentilles (les individus). Le sac &#233;tait de bonne taille, mais &#224; chaque chaos, des pommes de terre et des lentilles risquaient de s'en &#233;chapper. Sous peine de perdre progressivement en substance, il fallait gagner en coh&#233;rence, en collectivisation, en unit&#233;, en niveau d'engagement. Pour ce faire, la direction du NPA s'en est largement remise &#224; cette &#171; dynamique &#187; salvatrice &#233;voqu&#233;e plus haut, conduisant &#224; un spontan&#233;isme organisationnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Election.&lt;/strong&gt; Peu apr&#232;s sa fondation, le NPA a &#233;t&#233; confront&#233; &#224; sa premi&#232;re &#233;preuve &#233;lectorale, au Parlement europ&#233;en. Les donn&#233;es tactiques (politiques) &#233;taient compliqu&#233;es. Le Parti de Gauche et le NPA &#233;taient tous deux en phase de lancement, d'autoaffirmation plus ou moins triomphaliste. Or, la question des alliances ou de la cohabitation entre partis ne se posent pas de la m&#234;me mani&#232;re dans cette institution que dans un parlement national &#171; normal &#187;. Ainsi, la LCR a pu s'int&#233;grer, en 1999-2005, avec ses deux &#233;lu.e.s, au groupe de la GUE-NGL, o&#249; se trouvaient aussi LO et le PCF (alors que nous nous opposions &#224; ce dernier en France sur la participation gouvernementale).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;poque &#8211; la GUE/NGL &#233;tait alors pr&#233;sid&#233;e par Francis Wurtz (du PCF) &#8211;, la LCR a pu librement mener ses activit&#233;s, avec souvent l'appui du groupe. J'ai moi-m&#234;me, &#233;tant employ&#233; par le groupe, pu travailler &#233;troitement avec Wurtz dans le cadre, notamment, des forums sociaux. Le fond de l'affaire, c'est &#233;videmment que le Parlement europ&#233;en n'est pas un vrai parlement avec en vis-&#224;-vis un vrai gouvernement. Tout son fonctionnement est fort particulier (il nous a fallu un certain temps pour le comprendre&#8230;). Mais qui le sait en France ? Aux yeux du commun des mortels, l'&#233;lection europ&#233;enne s'inscrit dans la continuit&#233; des l&#233;gislatives ou de la pr&#233;sidentielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Penser une politique unitaire en fonction des aspects sp&#233;cifiques des institutions europ&#233;ennes &#233;tait l&#233;gitime, mais un tel accord aurait &#233;t&#233; per&#231;u comme la &#171; matrice &#187; des prochaines &#233;ch&#233;ances &#233;lectorales. Pour condition de l'unit&#233;, le NPA a donc demand&#233; qu'il y ait accord sur l'ind&#233;pendance par rapport au PS et &#224; un gouvernement &#171; social lib&#233;ral &#187;, y compris (surtout) pour les &#233;lections suivantes. Il s'est fait violemment d&#233;noncer pour son sectarisme, perdant une bataille. Avait-il tort d'insister &#224; ce sujet ? Tout le monde sait aujourd'hui que le Front de Gauche s'est (notamment) d&#233;sarticul&#233; pr&#233;cis&#233;ment sur cette question des rapports avec le PS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; tr&#232;s peu de choses pr&#232;s [7], nous aurions pu avoir une ou deux d&#233;put&#233;.e.s europ&#233;ennes, ce qui aurait en terme de cr&#233;dibilit&#233; chang&#233; la donne. Cependant, en ce domaine, m&#234;me quand on rate de tr&#232;s peu &#8211; c'est rat&#233;. L'attraction du NPA vis-&#224;-vis de secteurs militants ou de &#171; personnalit&#233;s &#187; de gauche en a p&#226;ti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une occasion manqu&#233;e.&lt;/strong&gt; L'attention de la direction du NPA (comme celle du FdG et, hier celle de la LCR et) s'est fix&#233;e sur le champ &#233;lectoral et les alliances politiques &#224; la gauche de la gauche. Une vision, &#224; mon sens, trop politiste et &#233;lectoraliste (voir court-termiste) des priorit&#233;s. La fondation du NPA a permis de multiplier les points d'entr&#233;es dans les &#171; quartiers populaires &#187;, nous donnant l'occasion de commencer &#224; compenser l'une de nos plus grandes faiblesses en mati&#232;re d'implantation sociale. Nous aurions pu r&#233;unir tous ces &#171; points d'entr&#233;e &#187; : maisons de ch&#244;meurs et pr&#233;caires, centres de femmes battues, &#233;quipes m&#233;dicales ou enseignantes en &#171; zones difficiles &#187;, animatrices et animateurs de centres culturels ou investis dans la protection judiciaire de la jeunesse, travailleurs sociaux, comit&#233;s antiracistes, mouvements de sans-papiers ou de sans-logis et leurs soutiens, etc. Avec &#224; l'ordre du jour : &#233;change d'exp&#233;riences, analyse des revendications port&#233;es par les habitant.e.s de ces quartiers [8], comment s'aider les uns les autres pour surmonter les difficult&#233;s propres &#224; ce champ d'activit&#233;, &#224; quels collectifs se lier (des associations esp&#233;raient que le NPA leur apporterait son appui pour les aider &#224; repolitiser de l'int&#233;rieur des zones sinistr&#233;es &#224; force d'abandon et de client&#233;lisme [9])&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela n'a pas &#233;t&#233; fait. Le NPA a eu une commission d'intervention sur les lieux de travail &#8211; la CILT (en crise) &#8211;, alors qu'une grande partie du salariat (ch&#244;meurs, statuts pr&#233;caris&#233;s&#8230;) ne peut plus &#234;tre organis&#233; par ce seul biais &#8211; ou essentiellement par ce biais. Quant &#224; la commission &#171; quartiers populaires &#187;, elle con&#231;oit son activit&#233; comme &#171; th&#233;matique &#187; (avant tout l'antiracisme&#8230;). C'est-&#224;-dire qu'il n'y a aucune structure pour penser et aider &#224; l'organisation commune, locale de la population laborieuse des quartiers en lien avec les exigences (largement sociales) port&#233;es par les habitants, alors que l'ext&#233;riorit&#233; par rapport &#224; ces populations (qui ne date pas d'aujourd'hui) constitue l'une des principales faiblesses de la gauche radicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avignon. &lt;/strong&gt; Le prix de ce rendez-vous manqu&#233; a &#233;t&#233; tr&#232;s &#233;lev&#233; quand la &#171; crise d'Avignon &#187; s'est ouverte. Une association, AJCREV, anim&#233;e par Abdel Zahiri, avait rejoint le NPA &#224; Avignon. Pour les &#233;lections r&#233;gionales de 2010), elle a int&#233;gr&#233; &#224; la liste &#233;lectorale du Vaucluse une candidate portant le voile, Ilham Moussa&#239;d. &#192; l'exception de rares cas tr&#232;s locaux, une telle candidature &#233;tait une premi&#232;re en France &#8211; non pas que les descendantes d'immigr&#233;s soient absentes du monde &#233;lectoral et politique fran&#231;ais, mais parce que ces derni&#232;res ne sont pas voil&#233;es. Ceci renvoie autant &#224; l'histoire sp&#233;cifique de l'immigration en France qu'au degr&#233; de s&#233;cularisation du pays (aucun grand parti n'a de r&#233;f&#233;rence religieuse explicite, malgr&#233; le tr&#232;s r&#233;el poids d'une droite catholique fort r&#233;actionnaire).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait pr&#233;visible qu'une telle candidature allait focaliser l'attention nationale. J'&#233;tais au Pakistan quand un quotidien local a annonc&#233; la nouvelle. Mes camarades pakistanais m'ont demand&#233; : &#171; C'est bien ? &#187; J'ai r&#233;pondu : &#171; Le ciel va nous tomber sur la t&#234;te &#187;. Ilham est instantan&#233;ment devenue la &#171; figure &#187; la plus connue du NPA, apr&#232;s Olivier. Or, l'organisation &#233;tait totalement impr&#233;par&#233;e : les membres ont appris par la presse sa candidature. Sarkozy voulait &#171; communautariser &#187; les &#233;lections &#8211; nous voulions au contraire les centrer sur le social. Ce fut rat&#233; ! Nos nombreux ennemis, multipliant les mauvais proc&#232;s, nous ont crucifi&#233;s ; mais bien des questions l&#233;gitimes nous ont aussi &#233;t&#233; pos&#233;es, dont le sens du voile par rapport &#224; l'&#233;mancipation f&#233;minine ; des questions auxquelles nous n'avions pas de r&#233;ponses r&#233;fl&#233;chies et collectives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Olivier Besancenot a d&#233;fendu bec et ongles la candidature l'Ilham. Dans une r&#233;cente interview, il revient sur cette p&#233;riode, notant qu'&#171; Une partie de la communaut&#233; musulmane [&#8230;] nous en a un peu voulu vis-&#224;-vis d'Ilham. On nous soup&#231;onnait, m&#234;me dans ces milieux-l&#224;, d'avoir cherch&#233; &#224; instrumentaliser cette question. [&#8230;] La question que les gens nous posent dans les quartiers est celle des actions que l'on peut mener ensemble, sans passer n&#233;cessairement par ce &#171; crit&#232;re &#187; religieux. [&#8230;] Une piste pour sortir de ce dilemme pourrait &#234;tre, en effet, la cr&#233;ation d'alliances, non pas avec ceux que l'on pense &#234;tre des repr&#233;sentants d'un corps culturel et religieux pr&#233;&#233;tabli, mais avec les acteurs eux-m&#234;mes, tels qu'ils sont dans les quartiers populaires. [10] &#187; L'un des probl&#232;mes &#233;tait que le projet de l'AJCREV &#233;tait pr&#233;cis&#233;ment d'entrer dans ces quartiers par le biais de la religion (musulmane) [11]. Ilham n'&#233;tait pas pr&#233;sent&#233;e parce qu'elle avait dirig&#233; une lutte populaire et &#233;tait, par ailleurs voil&#233;e, mais parce que le voile incarnait ce projet politique. Une fois que ledit projet &#224; pris fin &#224; Avignon, Ilham Moussa&#239;d a quitt&#233; le NPA&#8230; et a retir&#233; son voile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Oppressions.&lt;/strong&gt; Plut&#244;t que de partir des r&#233;alit&#233;s des quartiers populaires, le furieux d&#233;bat ouvert au sein du NPA par cette exp&#233;rience a &#233;t&#233; tr&#232;s id&#233;ologique (et &#233;motionnel). Toutes les positions sont apparues, depuis &#171; La religion hors de ma vue &#8211; Ni clochers ni minarets &#187; jusqu'&#224; pr&#233;senter la burqa (le voile int&#233;gral) comme le symbole d'une lutte d'&#233;mancipation de la femme. Quelle que soit la position d&#233;fendue, sur des milliers (?) de courriels, des dizaines d'&#233;crits, seule une poign&#233;e de textes proposaient une argumentation construite sur des questions cruciales : comment articuler le combat contre les diverses oppressions (racistes, sexistes, sociales&#8230;), comment concevoir en France la la&#239;cit&#233; [12]. Le tout a d&#233;bouch&#233; sur un congr&#232;s national absolument chaotique. Un v&#233;ritable trauma.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mode mineur, le d&#233;bat d'alors avait une dimension internationale (les talibans sont-ils anti-imp&#233;rialistes ?) [13]. On peut esp&#233;rer que sur ce plan-l&#224;, les choses se sont depuis d&#233;cant&#233;es. Pour le reste, les lignes de fractures n'ont pas &#233;t&#233; combl&#233;es et traversent quasiment tous les courants constitu&#233;s au sein du NPA. Par-del&#224; les d&#233;clarations d'intention, des hi&#233;rarchisations des oppressions sont &#224; l'&#339;uvre (entre antiracisme et anti-sexisme par exemple) qui rendent la d&#233;fense de toutes les opprim&#233;es probl&#233;matique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Personnalisation.&lt;/strong&gt; Notre syst&#232;me pr&#233;sidentiel a pouss&#233; jusqu'&#224; l'outrance la personnalisation du jeu &#233;lectoral. Il n'y a m&#234;me pas de vice-pr&#233;sidence : la mystique fran&#231;aise veut qu'il s'agisse du rapport direct d'un homme (cela n'a pas encore &#233;t&#233; le cas pour une femme) au peuple. La personnalit&#233; et les capacit&#233;s politiques d'Olivier Besancenot ont dot&#233; la LCR, puis le NPA, d'une envergure politique inhabituelle. Il s'est n&#233;anmoins refus&#233; &#224; devenir l'&#233;ternel candidat (&#224; l'image d'Arlette Laguiller) o&#249; &#224; identifier l'avenir du peuple-nation &#224; sa personne (comme Jean-Luc M&#233;lenchon). Il avait bien &#233;videmment raison sur le fond. Il a annonc&#233; en mai 2011 qu'il ne se repr&#233;senterait pas &#224; la pr&#233;sidentielle de 2012. Vu la situation qui pr&#233;valait alors dans l'organisation, cette d&#233;cision &#224; ouvert la crise de direction au sein du NPA et a pr&#233;cipit&#233; une crise qui couvait. Avec pour aune le barom&#232;tre &#233;lectoral, une partie notable d'anciens cadres de la LCR en ont conclu l'avenir &#233;tait dor&#233;navant aux c&#244;t&#233;s de M&#233;lenchon et au sein du Front de Gauche.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Scission.&lt;/strong&gt; Le NPA a connu une h&#233;morragie militante, perdant les deux tiers de ses membres nominaux. Une nouvelle organisation &#233;tait n&#233;e, mais pas vraiment celle que nous avions ambitionn&#233;e. Une crise s'est ouverte, coupant en deux le noyau central de direction issu de la LCR et des &#233;quipes militantes de qualit&#233;. N'esp&#233;rant plus dans le NPA, une aile minoritaire de l'organisation a rejoint le Front de Gauche &#8211; en tant que Gauche anticapitaliste (GA) d'abord, puis en cofondant Ensemble ! Las, le projet du FdG est lui aussi entr&#233; en crise profonde. Quant &#224; Ensemble !, elle est travaill&#233;e de contradictions (y compris sur l'islamisme et l'&#233;lectoralisme) peut-&#234;tre plus explosives encore qu'au NPA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, le noyau de direction issu de la GA a abandonn&#233; la perspective de construction d'une organisation &#171; radicale &#187; ind&#233;pendante &#8211; qui faisait pourtant partie de l'identit&#233; de la LCR &#8211;, ce &#224; quoi le NPA s'attache toujours. Cependant, il y a des traits communs entre &#171; leur &#187; crise et la &#171; n&#244;tre &#187;, notamment une coupure entre direction et collectifs militants. Les directions ont leurs histoires propres, au point que les collectifs locaux vivent de plus en plus leur vie, ind&#233;pendamment des instances nationales. Tout n'est ici pas qu'affaire de &#171; politique &#187; si l'on r&#233;duit la politique &#224; des orientations formelles. Tout est en revanche tr&#232;s politique si l'on consid&#232;re que les questions dites d'organisation et d'engagement en font partie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; III. Engagement et fonctionnement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi de la gravit&#233; &#233;lectorale. Que l'histoire du FdG tourne autour des &#233;lections, c'est normal vu son origine et ses objectifs premiers. Que ce soit aussi le cas pour la direction du NPA, c'est plus &#233;trange. Paradoxe, le postier Olivier Besancenot qui fut notre meilleur candidat (vraiment excellent !), vit la politique avant tout en rapport avec le social et ressent avec inqui&#233;tude la force d'attraction de l'&#233;lectoralisme : &#171; Le temps &#233;lectoral est omnipr&#233;sent en France, il est &#233;touffant, ce n'est pas simplement que &#231;a va prendre le dessus politiquement durant les quelques mois avant l'&#233;lection, voire toute l'ann&#233;e avant l'&#233;lection, c'est tous les jours. La situation politique fran&#231;aise est plomb&#233;e par la question &#233;lectorale. Tout le temps, &#224; travers les sondages notamment. Donc le probl&#232;me, si on r&#233;fl&#233;chit en termes de projet d'&#233;mancipation, c'est comment sortir de ce temps-l&#224;, comment essayer de cr&#233;er un autre espace, un autre temps, un autre calendrier, ce qui ne veut pas dire que tu boycottes n&#233;cessairement, mais si tu arrives &#224; cr&#233;er un mouvement de masse avec d'autres milieux, qui prend ses distances par rapport &#224; &#231;a, qui l'attaque de biais, alors tu peux r&#233;fl&#233;chir au fait de te repr&#233;senter au nom d'un projet plus g&#233;n&#233;ral [14]. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les courants, fractions, blocs dans le NPA se d&#233;finissent avant tout par rapport aux enjeux &#233;lectoraux, au terrain &#233;lectoral : quel &#171; profil &#187; pr&#233;senter, quelles candidatures, quelle offre d'alliance, quelles consignes de vote&#8230; Cela renvoie certes &#224; des pratiques locales plus &#171; ouvertes &#187; ou plus &#171; ferm&#233;es &#187;, &#224; un vision diff&#233;rente du r&#244;le que notre organisation peut jouer aujourd'hui. En simplifiant : participer en priorit&#233; &#224; la construction d'initiatives larges (sur la question du climat, contre l'&#233;tat d'urgence et la d&#233;ch&#233;ance de nationalit&#233;&#8230;) ou se d&#233;limiter avant tout en affirmant &#224; chaque occasion le &#171; programme anti-capitaliste &#187;. Il y a bien du fond dans ces clivages. Le probl&#232;me, c'est qu'ils se formulent &#224; partir des &#233;ch&#233;ances &#233;lectorales alors m&#234;me que nous sommes de plus en plus marginalis&#233;s sur ce terrain : durcissement des conditions de participation aux &#233;lections, manquent de moyens financiers, capacit&#233; du Front national a capter le rejet de la &#171; classe politique &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La pr&#233;dominance des fractions.&lt;/strong&gt; Nous voulions que le NPA soit un creuset, int&#233;grant l'apport historique de diverses traditions r&#233;volutionnaires (marxisme &#171; critique &#187;, libertaire&#8230;). Les principes de r&#233;f&#233;rences adopt&#233;es au congr&#232;s de fondation ne devaient &#234;tre qu'un d&#233;but et les &#171; ind&#233;finitions &#187; (le NPA ne se dit pas marxiste) d&#233;pass&#233;es par une synth&#232;se &#8211; mais la commission programme n'a jamais fonctionn&#233;. Par ailleurs, des organisations ont &#233;t&#233; int&#233;gr&#233;es, qui n'avaient aucune intention de participer &#224; un projet commun, mais qui voulaient se construire en profitant du cadre constitu&#233; par le NPA. De fil en aiguille, le jeu des fractions a fini par miner et paralyser la direction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mode de s&#233;lection des directions est ici en cause. Dans le NPA, le comit&#233; ex&#233;cutif lui-m&#234;me est compos&#233; au prorata des votes obtenus en congr&#232;s par les tendances. Ces tendances se perp&#233;tuent, devenant des fractions (quand elles ne l'&#233;taient pas d&#232;s le d&#233;part). Un cadre peut se retrouver &#224; la direction nationale avec pour seul haut fait d'armes d'avoir &#233;t&#233; la figure de proue id&#233;ologique de son courant &#8211; de quoi &#233;crire des communiqu&#233;s, mais pas diriger une implantation. Cette logique interne d&#233;j&#224; &#224; l'&#339;uvre dans le LCR finissante, elle s'est &#233;panouie plus encore dans le NPA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les fractions sont conservatrices. Pour survivre, elles doivent imposer &#233;ternellement les m&#234;mes d&#233;bats, ceux &#224; partir desquels elles se sont constitu&#233;es. Si la r&#233;flexion repart sur d'autres bases (ce qui est indispensable !), elles explosent. Elles bloquent donc la respiration politique et d&#233;mocratique d'une organisation. Avec pour premi&#232;re cons&#233;quence l'immobilisme. Une partie de la direction du NPA th&#233;orise maintenant cette situation : notre organisation serait en r&#233;alit&#233; (ou devrait devenir) un &#171; front &#187; entre composantes &#171; r&#233;volutionnaires &#187; &#8211; la n&#233;gation de la notion de creuset. &#192; cela peut r&#233;pondre dans l'organisation un rejet du droit de tendances, m&#234;me temporaires, toutes identifi&#233;es &#224; des fractions destructives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question du creuset s'est pos&#233;e dans le FdG aussi : pouvait-il y avoir des adh&#233;sions individuelles et un fonctionnement collectif qui leur donne place. La r&#233;ponse a &#233;t&#233; n&#233;gative. Le FdG est rest&#233; prisonnier de sa d&#233;pendance envers le jeu &#233;lectoral des partis fondateurs, la bureaucratie c&#233;g&#233;tiste et la pesante personnalit&#233; de Jean-Luc M&#233;lenchon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;volutionnaire ?&lt;/strong&gt; L'ind&#233;pendance par rapport au PS, la volont&#233; de construire une opposition de gauche au gouvernement Hollande sont des clivages pertinents dans la situation fran&#231;aise, essentiel &#224; un positionnement politique consistant. &#192; un autre niveau, l'alternative &#171; antilib&#233;rale &#187; ou &#171; anticapitaliste &#187; aussi : elle a des implications concr&#232;tes dans le pr&#233;sent. La question n'est pas seulement &#171; programmatique &#187;. Le rejet du &#171; syst&#232;me &#187; est aujourd'hui profond. Le parti que nous voulons construire peut et doit y r&#233;pondre. En revanche, la distinction formelle, que certains d&#233;fendent, entre &#171; anticapitaliste &#187; et &#171; r&#233;volutionnaire &#187; ne l'est pas. Ni r&#233;p&#233;ter inlassablement la cat&#233;chisme r&#233;volutionnaire en oubliant que la p&#233;dagogie, c'est l'art de la r&#233;p&#233;tition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus profond&#233;ment, il ne faut pas se payer de mots. En effet, il n'est pas possible de construire des organisations &#171; r&#233;volutionnaires &#187;, au sens vrai du terme, dans la France (et l'Europe ?) d'aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un parti ne se d&#233;finit pas seulement par son programme, aussi important soit-il, mais encore par sa pratique r&#233;elle (qui peut &#234;tre tr&#232;s &#233;loign&#233;e de ses proclamations d'intention). Une pratique embryonnairement r&#233;volutionnaire, m&#234;me en donnant &#224; ce terme un sens tr&#232;s modeste, ne peut se d&#233;ployer sans un contexte politico-social suffisamment favorable. Alors, la &#171; vie quotidienne &#187; d'un membre d'une formation &#171; radicale &#187; est diff&#233;rente de celle d'un membre d'un parti r&#233;formiste. C'&#233;tait le cas dans les ann&#233;es 1960-70, ce n'&#233;tait plus le cas ult&#233;rieurement. Cela va redevenir le cas &#8211; un jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Engagement.&lt;/strong&gt; L'organisation r&#233;volutionnaire est, ici et aujourd'hui, un horizon ; ce qui ne veut pas dire que l'on peut continuer comme si de rien n'&#233;tait. Avec la crise, la mont&#233;e des pr&#233;carit&#233;s et l'&#201;tat s&#233;curitaire, le &#171; mod&#232;le &#187; fran&#231;ais de militantisme &#171; &#224; la carte &#187; des ann&#233;es 80-90 est caduc. Quand la r&#233;pression frappe le mouvement social, quand l'ins&#233;curit&#233; g&#233;n&#233;ralis&#233;e engloutit des secteurs grandissants de la population &#8211; quand les d&#233;sastres humanitaires se multiplient dans le monde et la crise &#233;cologique globale devient r&#233;alit&#233; &#8211;, impossible de maintenir le train-train quotidien sans se condamner &#224; la marginalit&#233;, sans abdiquer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me s'est pos&#233; d&#232;s le lancement du NPA sous une forme particuli&#232;re. Aucun membre du noyau de direction issu de la LCR et membre de la g&#233;n&#233;ration qui incarnait ce projet n'a voulu devenir permanent &#224; plein temps. Il ne s'agit pas ici de juger les individus &#8211; il est plus facile de faire certains choix &#224; vingt ans qu'&#224; quarante balais &#8211;, mais d'une question collective. On ne peut s'en remettre &#224; la &#171; dynamique &#187;. Sans elle, rien d'important n'est possible ; mais sans politique d'organisation, la dynamique ne r&#233;sout rien non plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait impossible de &#171; piloter &#187; la construction du NPA sans une petite &#233;quipe qui s'y engage &#224; 200 % et qui permette au collectif de direction de fonctionner efficacement. &#201;videmment, devenir permanent &#224; temps plein, m&#234;me pour une p&#233;riode limit&#233;e, n'&#233;tait pas sans cons&#233;quence pour l'avenir. Cependant, nous sommes bel et bien dans une p&#233;riode o&#249; &#234;tre &#171; radical &#187; exige des engagements militants aux implications durables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une partie de la jeunesse s'engage d'ailleurs ainsi, sans &#171; mesurer &#187; : les &#171; zadistes &#187; par exemple qui s'&#233;tablissent l&#224; o&#249; il y a une &#171; zone &#224; d&#233;fendre &#187; contre un &#171; grand projet inutile &#187; &#8211; et qui certains deviennent de nouveaux paysans (&#224; Notre-Dame-des-Landes), comme dans les ann&#233;es 70 au Larzac (Massif central). Nous sommes, &#224; travers nos collectifs locaux, avec eux dans ces combats. N&#233;anmoins, les zadistes affichent une tr&#232;s grande m&#233;fiance vis-&#224;-vis des partis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;&#233;valuer.&lt;/strong&gt; La crise du NPA a r&#233;v&#233;l&#233; l'ampleur de la crise qui couvait d&#233;j&#224; dans une LCR historiquement &#224; bout de souffle. Elle aurait de toute fa&#231;on &#233;clat&#233;, m&#234;me si nous n'avions pas tent&#233; de faire du &#171; neuf &#187; &#8211; une tentative riche d'enseignements, bien qu'elle se soit conclue sur un premier &#233;chec significatif. La scission de 2011 constitue un tournant : la division l'a emport&#233; sur l'&#233;largissement, ouvrant un espace plus grand aux composantes sectaires au sein de l'organisation. Il y a un avant et un apr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le NPA &#171; bis &#187; reste aujourd'hui travaill&#233; de contradictions. Il y a certes toujours une &#171; place objective &#187; qu'il pourrait occuper dans le panorama politique fran&#231;ais &#8211; et qu'aucune autre organisation ne lui dispute. Il ne le fait que tr&#232;s partiellement, faute de capacit&#233; d'initiative de la direction nationale. Les fractures sont profondes, mais il reste un pr&#233;cieux capital militant qui ne doit pas &#234;tre dilapid&#233; &#8211; et qui serait revitalis&#233; quand une conjoncture plus favorable aux luttes adviendra. Il importe, dans cette perspective, de pousser plus avant la r&#233;flexion sur des bases renouvel&#233;es &#224; propos de grandes questions comme l'implantation sociale ; le fonctionnement et l'engagement ; le renforcement des r&#233;seaux militants en p&#233;riode d&#233;fensive, sans trop compter sur les &#233;lections.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre Rousset&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;[1] Ancien s&#233;nateur, ancien ministre, Jean-Luc M&#233;lenchon a fait partie de l'aile gauche du Parti socialiste jusqu'au congr&#232;s de Reims de 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Voir sur ESSF (article 12105), France : Qu'y a-t-il de neuf dans la fondation du Nouveau Parti Anticapitaliste ? :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article12105&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article12105&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Ce travail collectif s'est notamment poursuivi lors &#224; &#171; l'&#233;cole d'Amsterdam &#187;, &#224; l'Institut International de Recherche et de Formation (IIRF) dont je m'occupais en 1982-1993.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Voir Josette Trat, ESSF (article 37036), Luttes de femmes &#8211; La manifestation du 25 novembre et la gr&#232;ve de d&#233;cembre 1995, un mouvement social puissant et &#171; sexu&#233; &#187; :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article37036&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article37036&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Voir sur ESSF (article 36595), Party and Movement &#8211; On the challenges facing the French left :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article36595&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article36595&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Voir sur ESSF (article 36784), Continuer, c'est renoncer&#8230; &#8211; &#171; Le nouveau n'adviendra que des g&#233;n&#233;rations nouvelles &#187; :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article36784&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article36784&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] Il faut passer la barre des 5 % dans une r&#233;gion pour avoir un &#233;lu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] Voir par exemple, pour les quartiers nord de Marseille :&lt;br class='autobr' /&gt;
ESSF (article 35710), 101 propositions pour les quartiers populaires de Marseille :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article35710&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article35710&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
ESSF (article 35710), 101 propositions pour les quartiers populaires de Marseille :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article35711&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article35711&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
ou les propositions d'AClefeu :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://issuu.com/emanach/docs/propositions2012/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://issuu.com/emanach/docs/propositions2012/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] Voir sur ESSF (article 17473), Gu&#233;rilla politique intra-urbaine :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article17473&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article17473&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] Op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] Jacques Fortin, qui a soutenu la candidature d'Ilham, d&#233;crit bien le processus &#171; r&#233;ductionniste &#187; de ce projet. ESSF (article 19216), Quelques r&#233;flexions &#224; la suite du d&#233;part d'Abdel Zahiri du NPA :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article19216&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article19216&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[12] On trouvera sur ESSF de nombreux textes refl&#233;tant ce d&#233;bat. Voir :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?mot6425&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?mot6425&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[13] Voir sur ESSF (article 16832), Internationaliste ! &#8211; Faut-il au nom de l'internationalisme se ranger derri&#232;res les talibans ? :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article16832&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article16832&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[14] Op. cit.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Texte issu du site internet d'Europe Solidaires Sans Fronti&#232;res :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article37073&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;source&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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